You are here: Home » Non classé » Agriculture bio : Une reconversion incontrôlée

Agriculture bio : Une reconversion incontrôlée

Certains membres de la Cnab (Comité national de l’agriculture bio) sont fiers que l’agriculture bio prenne enfin de l’importance. Toutefois, ils craignent que cette reconversion ne soit pas totalement maîtrisée.

Philippe est un agriculteur bio depuis une vingtaine d’années. À son époque, les agriculteurs se lançaient dans cette filière par conviction et non pas pour s’enrichir, ajoute-t-il. Selon lui, le système agricole actuel est en décadence. Il estime que les campagnes ont été transformées en usines. L’agriculture bio se dirige vers le même sens que l’agriculture conventionnelle. Même s’il y a eu un certain temps de conversions, Philippe affirme que cette conversion s’est faite les yeux fermés et de manière incontrôlée.

La Fnab et plusieurs associations professionnelles n’ont jamais souhaité soutenir une gestion dosée et un contrôle des conversions de l’agriculture bio. En 2015, la presse locale n’a pas cessé de signaler les conversions en viticulture bio qui prenaient une dimension trop importante. Elle parle même d’une ‘crise de croissance’ touchant les vins bio.

Le surplus de production

Avec la hausse considérable du nombre de producteurs, quelles sont les solutions pour distribuer les productions supplémentaires ? D’après Philippe, il faut accroitre la consommation nationale avec une baisse du tarif au niveau de la production, puis il est nécessaire de penser à exporter. Mais, on peut dans ce cas craindre que la production agricole devienne industrielle et subisse les mêmes effets pervers constatés sur l’agriculture conventionnelle. Outre cela, afin de redorer l’image du bio, il faut réaliser des démarches spécifiques pour une mise en valeur locale.

Réagir pour défendre le bio

La plupart des agriculteurs bio redoutent les nouveaux arrivants dans ce secteur qui ont un budget colossal et saisissent toutes les opportunités afin de spéculer derrière le dos des véritables paysans. Philippe invite ses confrères à réagir et à reprendre en main leur métier. Il stipule qu’il faut commercialiser avec des prix permettant à chaque agriculteur de vivre dignement, conserver un tissu rural dynamique et être toujours les maitres de la commercialisation des produits.  

Laisser un commentaire